mardi 27 mai 2014

Revenons sur l'exercice du Bain ! pour continuer l'approche ostéopathique du nourrisson :


Lien:

https://www.youtube.com/watch?v=_1lP42qF6eA

Merci à Marie Panier.

Questions Fréquentes :



Une naissance, c’est loin d’être anodin! Pour maman et bébé, l’accouchement est source de plusieurs bouleversements physiques. Pour rétablir le petit corps de bébé, une des options est de rendre visite à un ostéopathe.

Qu’est-ce que l’ostéopathie?

L’ostéopathie est une médecine manuelle qui a pour objectif principal de rétablir la mobilité et les fonctions de l’organisme. Puisque tout dysfonctionnement peut inévitablement en provoquer un autre, l’ostéopathie agit en traitant les causes des douleurs, des symptômes et des troubles fonctionnels.

Consulter par prévention

Lors de la visite, l’ostéopathe fera un examen afin de déterminer si le corps de bébé présente certains déséquilibres afin de les corriger et les soigner. En plus de rééquilibrer le métabolisme de bébé, les manipulations que l’ostéopathe exercera lui permettront de se détendre.

Quand amener bébé chez un ostéopathe?

Les nouveaux-nés peuvent bénéficier de traitements d'ostéopathie dès leur naissance. Dans les faits, le plus tôt est le mieux. Plus les problèmes sont pris en charge rapidement, plus le traitement est rapide et efficace.

L’ostéopathie : douloureux pour bébé?

Les manipulations de l’ostéopathe sont douces et sans douleur pour bébé. Il est fréquent que bébé émette des pleurs pendant la séance, par inconfort. Mais rassurez-vous, il ne souffre pas.

La grossesse et l’accouchement : deux étapes marquantes!

Bébé, lors de la grossesse, a adopté différentes positions. Certaines étaient confortables; d’autres, pas du tout! Il est d’ailleurs fort possible qu’il ait subi plusieurs compressions au niveau du crâne et d'autres membres de son corps. Bref, lorsque bébé naît, il vient avec tout un bagage!
Lors de l’accouchement, d’autres traumatismes peuvent survenir. Des pressions s’exercent au niveau du crâne, du thorax et du bassin de bébé. Elles peuvent provoquer un débalancement dans l’organisme de l’enfant. Que ce soit par l’utilisation de forceps, de ventouses, ou parce que le travail a été particulièrement long, plusieurs problématiques peuvent se manifester telles que des torticolis, de la plagicocépahlie (tête plate), du reflux gastrique, des problèmes respiratoires, des troubles de sommeil, etc.

Interventions au crâne : un traitement fréquent

Beaucoup de parents consultent un ostéopathe pour des interventions sur la tête de bébé. Afin de soigner bébé, l'ostéopathe va analyser la position qu'a prise l’enfant dans le ventre de sa mère en palpant son crâne afin de repérer et traiter d'éventuelles tensions présentes au niveau des sutures du crâne. Ces manipulations favoriseront la libération des tensions et amélioreront la mobilité de son crâne. Les manipulations de l’ostéopathe sur cette zone sont également susceptibles d’éviter plusieurs problèmes tels que les régurgitations, les troubles du sommeil, les otites, etc. Enfin, dans le but d’optimiser le traitement, l’ostéopathe donne aux parents des conseils à appliquer quotidiennement afin d’améliorer le bien-être de leur enfant.

Source: Sabrina Hammoum, rédactrice Canal Vie

mardi 6 mai 2014

Allaiter : Oui mais pourquoi ?! Les bénéfices sur l'immunité de votre enfant.


S’il y a bien un sujet où une grande majorité de personnes tombent d’accord, c’est l’effet protecteur du lait maternel et notamment son impact sur l’immunité du tout-petit.
Oui mais comment ça marche ? On entend parler des anticorps, terme assez générique qui veut tout dire et rien en particulier.
Je pense qu’il est important pour les mamans qui se lancent dans cette belle aventure de l’allaitement, de comprendre comment cela fonctionne, combien ce lait est parfaitement adapté aux compétences du nourrisson, et enfin comment cela évolue au fur et à mesure que bébé grandit.
Un équilibre délicat entre une flopée de composés anti-inflammatoires, de signaux pro-inflammatoires, d’autres signaux de stimulation voire de maturation, constitue les caractéristiques du lait maternel.
Protection par les anticorps et facteurs de croissance
* Immunoglobuline A
L’immunoglobuline est un anticorps produit au niveau des muqueuses (intestin) qui permet de neutraliser des toxines, virus, bactéries pathogènes.
La production d’anticorps IgA (Immunoglobuline A) chez le nourrisson est encore très immature. C’est pourquoi leur présence dans le lait maternel est particulièrement appréciable (on parle d’apport exogène).
Ceci assure la période transitoire jusqu’au moment où l’enfant pourra produire les siens.
Cet anticorps agit en déployant plusieurs stratégies qu’on peut résumer schématiquement de la façon suivante.
L’IgA se fixe sur les corps pathogènes… Ce faisant, l’ennemi prend de l’embonpoint, devient plus encombrant et n’arrive plus à se mouvoir, et se fixer sur la cible.
L’IgA peut aussi mimer la bonne clé s’adaptant aux récepteurs des tissus cellulaires : en bouchant les trous, les molécules d’IgA empêchent la fixation des toxines indésirables.
Enfin, un dernier mode d’action,  l’association IgA-bonne bactérie conduit à la formation d’un biofilm qui agit comme une barrière en empêchant la colonisation par d’autres bactéries.
Notons que les IgA sont particulièrement concentrés dans le colostrum et en plus chez les mères dont les enfants sont nés avant terme. Ceci illustre bien comment la composition du lait peut varier pendant toute la période de lactation pour satisfaire la demande évolutive de l’enfant.
* Facteurs de croissance
La protection via les IgA présentée précédemment, consiste en une protection passive. L’intérêt du lait maternel est qu’il va encore plus loin puisqu’il stimule la mise en place des molécules IgA propres à l’enfant (protection active).
Ce tour de main (si on peut dire) s’explique par la présence d’une protéine multi-fonctions particulière appelée TGF-béta (facteur de croissance de transformation). C’est un élément clé de la régulation du système immunitaire, souvent présentée comme molécule anti-rejet, impliquée dans l’augmentation de la tolérance orale (le fait de peu réagir à l’introduction dans l’organisme de protéines alimentaires) et surtout, elle favorise la synthèse des anticorps IgA (voir ICI). En effet, la concentration en TGF-béta dans le lait maternel est proportionnellement associé au taux d’IgA.
Chez l’enfant, la production de cette protéine est faible durant les premiers jours de vie et augmente graduellement dans les semaines qui suivent.
Pour pallier, le lait maternel présente des pics de TGF-b, juste après la naissance (donc surtout dans le colostrum) et la concentration chute de façon significative dans le lait mature. Il a également été montré que cette protéine survit très bien à la digestion et se retrouve fonctionnelle chez le nouveau-né.
De fortes concentrations de TGF-b ont été associées avec la prévention de l’eczéma atopique chez les enfants allaités ainsi que plus généralement une meilleure immunité face à l’allergie.
Protection par le microbioteLa marque de fabrique des enfants allaités (en bonne santé) est la présence de Bifidobactéries en grande quantité dans leur micro-biote. Ces bactéries viennent bien du lait maternel et subsistent jusque dans l’intestin de l’enfant.
Les rôles des Bifidobactéries sont multiples mais grosso modo, elles produisent des acides organiques et empêchent la croissance des bactéries pathogènes (par un effet de compétition)
Des études ont également montré une interaction forte entre microbiote et TGF-beta. Les Bifidobactéries semblent activer la production des TGF-béta.
Autres effets protecteurs: On peut également évoquer le rôle des oligosaccharides : source de prébiotiques pour nourrir les bonnes bactéries ; de plus les pathogènes s’y accrochent au lieu de se fixer sur les muqueuses (sont aussi évoqués un effet anti-adhésif des oligosaccharides).
Citons aussi la lysozyme présente dans le lait, une enzyme capable de tuer certaines mauvaises bactéries en détruisant les parois de leurs cellules. Egalement présentes dans le lait maternel, les défensives (alpha et béta) sont des courtes chaînes de protéines possédant une activité anti-microbienne.
La liste n’est pas exhaustive… mais on a déjà une bonne idée de ce qui peut se passer !
Evolution de la composition immunologique du lait et variations selon les mères
La composition du lait humain évolue selon la période de lactation et s’adapte aux besoins changeants de l’enfant, en contribuant au développement de ses propres défenses immunitaires.
Il semble que la mesure des taux de TGF-béta soit assez hétérogène d’une étude à l’autre ce qui s’explique par une variation d’une mère à l’autre. Des recherches ont montré que l’alimentation de la mère (plus ou moins riche en acide gras, et qualité des acides gras) ainsi que le métabolisme et poids de cette dernière soient des paramètres impactants. Mais des facteurs génétiques, et l’état de santé de la mère sont également importants (par exemple les taux de TGF sont plus bas chez les femmes présentant de l’eczéma).
Conclusion 
Riches en immunoglobulines, facteurs de croissances, enzymes, Bifido-bactéries, le lait maternel apparaît bel et bien, comme un guide pendant la période critique de transition entre la naissance de l’enfant (où la réponse immunitaire est immature) et le moment où les fonctions barrière sont bien en place.
Références : Oddy WH, Rosales F, "A systematic review of the importance of milk TGF-b on immunological outcomes in the infant and young child", Pediatr Allergy Immunol, Vol (21) : pp 47–59, 2010. Kavanaugh D. W. et al., "Exposure of Bifidobacterium longum subsp. infantis to Milk Oligosaccharides Increases Adhesion to Epithelial Cells and Induces a Substantial Transcriptional Response", PLOS one, DOI: 10.1371/journal.pone.0067224, 2013 Collado M., et al. "Maternal weight and excessive weight gain during pregnancy modify the immunomodulatory potential of breast milk", Pediatric Research, Vol 72, pp 77-85

Quand les médecins parlent d'Ostéopathie Pédiatrique sur allo-medecins.fr :


Les nourrissons peuvent-ils être traités par un ostéopathe ?

L’ostéopathie est une médecine douce très appréciée par les adultes. Cependant, en tant que parent, avez-vous la possibilité de faire traiter votre nourrisson par un ostéopathe et si oui, à partir de quel âge ? Allo-Médecins vous dit tout…

Faire fi des préjugés sur l’ostéopathie

Beaucoup d’entre vous pensent que l’ostéopathie, en tant que médecine dite douce, n’a rien à voir avec les nourrissons. Pourtant, on ne saurait avoir plus tort. Les bébés aussi peuvent profiter des bénéfices d’un traitement effectué par un ostéopathe, que ce soit dans le cas de troubles du sommeil, des douleurs musculaires, ou même des troubles digestifs.
Il existe aujourd’hui des pédiatres spécialisés dans l’ostéopathie et inversement, des ostéopathes spécialisés dans la pédiatrie. Amener votre petit chez ce médecin n’est donc pas faire preuve de négligence, il peut même arriver que votre médecin traitant vous redirige vers un ostéopathe dans le cas de torticolis congénitaux, par exemple. D’ailleurs, le recours à l’ostéopathe ne se fait que suite à un bilan médical effectué avec un médecin traditionnel et en accord avec lui.

Les bienfaits de l’ostéopathie chez le nourrisson

Lors d’un torticolis congénital, de troubles digestifs ou du sommeil, votre bébé souffre, il pleure, il est irrité. Grâce à des manipulations douces et délicates au niveau des articulations, les ostéopathes permettent d’apaiser le nourrisson. N’ayez pas peur des traditionnelles séances de craquement de dos, comme beaucoup se l’imaginent, lors de la consultation d’un adulte chez l’ostéopathe. Le médecin fait très attention à l’enfant, et il suffit généralement de trois séances (très espacées) pour venir à bout des désagréments.
Mais ce n’est pas tout, les bons effets de l’ostéopathie sont aussi prouvés dans le cas de coliques du nourrisson, otites à répétition, régurgitation, diarrhées, qui sont parfois interminables. Grâce aux soins de l’ostéopathe, il est possible de traiter votre bébé. Il est prouvé que ces symptômes sont très courants dans le cas de naissances difficiles. Pour le torticolis congénital, la consultation peut s’effectuer après la naissance, et la rapidité de prise de rendez-vous peut varier selon les maux dont souffre votre petit. L’ostéopathe permet à l’aide de ses soins une prévention efficace pour certaines complications futures.
bébé ostéopathie

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lundi 3 février 2014

Peau à peau : des effets bénéfiques à long terme

Une étude israélienne met en évidence les bienfaits du peau à peau pour les bébés prématurés et leurs parents. Au bout de dix ans, le cerveau de l'enfant en ressent encore les bénéfices.
Peau à peau : des effets bénéfiques à long terme
Le peau à peau est une pratique qui a fait ses preuves depuis sa mise au point en Colombie, à la fin des années 70. Le contact entre le bébé et l'un de ses parents aide à recréer l'intimité interrompue par une naissance trop précoce. Mais selon une étude menée par des chercheurs de l'Université Bar Ilan, en Israël, ses bienfaits perdurent dans le temps, bien au-delà de la période postnatale. Dans leurs travaux, publiés par la revue scientifique Biological Psychiatry et relayés par Le Figaro, les scientifiques expliquent avoir observé de meilleures capacités d'apprentissage, un meilleur sommeil et une meilleure gestion du stress chez les enfants prématurés ayant bénéficié du peau à peau.
Non seulement cette technique diminue l'anxiété maternelle et augmente la production de lait, mais elle réduit également le risque d'apnées et de bradycardies chez l'enfant, tout en stabilisant son sommeil et sa température corporelle.

Effets positifs pour la mère et l'enfant

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs israéliens ont analysé l'évolution de 146 grands prématurés. La moitié a bénéficié d'un peau à peau une heure par jour, pendant 14 jours, tandis que l'autre moitié a reçu des soins en couveuse. Tous les enfants ont été examinés sept fois au cours des dix premières années de leur vie.

Résultat : après six mois, les mères du premier groupe étaient plus à l'écoute des besoins de leur bébé et manifestaient un comportement plus maternel que celles du second groupe. Au bout de dix ans, les enfants qui ont reçu un contact peau à peau avaient une meilleure réaction au stress, un fonctionnement plus mature du système nerveux et un meilleur contrôle cognitif que ceux qui sont restés dans la couveuse. "Le niveau plus élevé de stimulation engendré par le peau à peau semble avoir un effet positif sur le développement du cerveau et renforce le lien entre la mère et l'enfant", résume le rédacteur en chef de Biological Psychiatry, John Krystal.

mercredi 15 janvier 2014

Bébés: Un Article sur la Composition des Laits Infantiles

COMMENT SONT FABRIQUÉS LES LAITS INFANTILES ?
Comment sont fabriqués les laits infantiles ?
"Le meilleur lait après le vôtre" dit une célèbre publicité. Mais la boîte de lait infantile en poudre ne semble pas si proche de la nature que ça. Comment est fabriqué un lait infantile ? Le point avec les auteurs du Bon choix pour vos enfants.
              La composition des laits pour bébé est déterminée de façon réglementaire et les fabricants ont tous le même objectif : fabriquer, à partir du lait de vache, un lait dont la composition s’approche le plus possible du lait maternel. La tâche n’est pas facile tant les compositions de ces deux laits sont différentes.
Les laits en poudre 1er et 2e âge
Le lait est d’abord totalement écrémé, puis pasteurisé pour être stabilisé, puis dilué. Pour obtenir la composition protéique adéquate, on l’enrichit en protéines solubles et en poudre de lait. Sont ensuite ajoutés du lactose et/ou du glucose, de la maltodextrine, des vitamines (B1, B3, B5, B6, B9, C, D, E), des minéraux (sodium, magnésium, calcium, fer, zinc, cuivre, potassium, manganèse) et des acides aminés (arginine, histidine, taurine, carnitine).
La mixture est à nouveau pasteurisée avant d’être homogénéisée avec différentes matières grasses végétales : colza, tournesol, palme, coco, maïs… qui apporteront les graisses dont a besoin le nourrisson pour bien se développer. Pour que le mélange huile/liquide se fasse bien, les fabricants utilisent des émulsifiants comme la lécithine de soja. Ensuite le mélange est concentré puis séché par atomisation (passage dans un courant d’air chaud à 75°C).
Le fabricant peut intégrer à la recette :
  • de l’huile de poisson pour enrichir la préparation en une graisse polyinsaturée essentielle, l'acide docosahexaénoïque (DHA),
  • des souches de bactéries vivantes bénéfiques, les fameuxprobiotiques,
  • des fibres favorisant l’équilibre de la flore intestinale, appelées prébiotiques,
  • de la choline, une substance trouvée dans le lait maternel qui intervient dans le développement cérébral du bébé,
des nucléotides, des composés également présents dans le lait maternel qui contribuent à la santé intestinale du bébé et à ses défenses immunitaires.


Pourquoi le lait de vache ne convient pas aux bébés ?
Le lait de vache a plusieurs défauts qui expliquent qu’il n’est pas adapté à la petite enfance. Il contient d’abord 3 fois plus de protéines que le lait maternel et ce ne sont pas les bonnes : trop de caséines de trop grosse taille (indigestes) et pas assez de protéines solubles (voir graphique). Côté lipides, le lait de vache est riche en graisses saturéesmais n’apporte pas suffisamment de graisses polyinsaturées (oméga-6 et oméga-3) indispensables au développement du cerveau et de la vision. Côté glucides : il contient moins de lactose. Enfin, le lait de vache est déficitaire en vitamines et en fer. En revanche il renferme trop de certains minéraux comme le sodium et le calcium. 



vendredi 6 décembre 2013

Quelques Conseils Supplémentaires:


nourrisson_iStockPhénomène fréquent, l’aplatissement postérieur de la tête du bébé est un problème qu’on peut facilement prévenir, sinon traiter.
Pour qu’un enfant puisse naître par les voies naturelles et que son cerveau puisse se développer rapidement au cours de ses deux premières années, les os de son crâne sont très malléables. Ils se moulent en fonction des contraintes exercées. Cette malléabilité peut cependant avoir un effet indésirable: la plagiocéphalie positionnelle. Environ 4 nouveau-nés en bonne santé sur 10 développent cette déformation, qui consiste en un aplatissement de l’arrière du crâne, souvent sur un côté. Plusieurs facteurs en sont responsables: des compressions ou des tractions, in utero ou pendant la naissance, ou encore un torticolis. De plus, en Occident, le très grand nombre d’heures que les bébés passent sur le dos ou assis dans un petit siège avec la tête en appui constitue un facteur aggravant. Santé Canada et la Société canadienne de pédiatrie recommandent de faire dormir bébé sur le dos pour prévenir le syndrome de mort subite du nourrisson. «Néanmoins, en dehors des périodes de sommeil, les parents ne pensent pas toujours à varier les positions de leur bébé», constate Sylvie Lessard, physiothérapeute et ostéopathe en périnatalité.
La plagiocéphalie ne se résume pas à un problème esthétique. «Elle engendre des compressions et des tensions, notamment au niveau du système nerveux, du cervelet et de l’hypophyse, note Denyse Dufresne, ostéopathe en périnatalité. Peuvent en résulter des tensions musculaires, des asymétries posturales, une déviation de la mâchoire susceptible entre autres de nuire à la succion et à l’allaitement, des répercussions néfastes sur la vision du bébé, son équilibre, sa coordination, son schéma corporel, son sommeil, son humeur et même sa croissance.»
La plagiocéphalie s’accompagne très souvent d’un torticolis. Il peut être consécutif à cet aplatissement du crâne ou, au contraire, le causer. En effet, comme la musculature du cou du fœtus et du nouveau-né est encore faible, la tête a tendance à se tourner sur le côté. Or, le tout-petit ne devrait pas avoir de préférence pour un côté par rapport à l’autre. Il ne devrait pas non plus manifester de limitation ni d’inconfort lorsque sa tête est tournée du côté opposé au côté choisi. Le torticolis, en soi, est également loin d’être anodin: si bébé a toujours la tête tournée du même côté, il explorera davantage de ce côté, où se révéleront meilleures aussi sa poursuite visuelle, sa coordination œil-main, etc. ¾ avec pour résultat que l’autre côté sera négligé, ce qui aura des conséquences négatives sur son développement.
Comment prévenir
Bonne nouvelle, il est possible de parer à la plagiocéphalie et au torticolis, particulièrement pendant le premier mois de la vie. Voici quelques conseils:
  • Couchez-le parfois sur le côté, installez-vous aussi sur le flanc, face à lui, et parlez-lui, chantez, jouez avec lui. Le bébé allaité change nécessairement de position ¾ à gauche, à droite, lorsqu’il boit couché tout contre sa maman étendue elle aussi, etc. Si votre bébé est nourri au biberon, veillez à diversifier également ses positions d’un boire à l’autre, et à placer une surface moelleuse (une serviette douce pliée en quatre, par exemple) entre sa tête et votre bras.
  • Évitez aussi de laisser bébé longtemps dans un siège d’auto ou dans tout autre siège. En effet, il est alors appuyé sur l’arrière de sa tête, et celle-ci, par gravité, peut rapidement pencher d’un côté.
  • Si la position sur le ventre est déconseillée pour le sommeil, elle se montre en revanche très indiquée en période d’éveil (sous surveillance, bien sûr), non seulement pour la prévention de la plagiocéphalie, mais aussi pour le développement visuel et moteur. «La première fois que vous placez votre bébé sur le ventre, il pourrait en manifester du déplaisir, explique Elisa Macri, physiothérapeute au CHU Sainte-Justine. Même s’il le fait au bout de 5 secondes seulement, roulez-le en douceur sur le côté ou sur le dos. La prochaine fois, il restera peut-être 7 secondes avant de se plaindre, et ainsi de suite. En le changeant de position dès qu’il le réclame, vous lui permettrez d’apprivoiser la nouvelle position sur le ventre.» Offrez-la-lui régulièrement (de 10 à 15 fois) pendant la journée, pour des périodes de quelques minutes ou plus, une fois qu’il y sera habitué. Bébé aimera se retrouver à plat ventre sur votre torse ou vos genoux. Essayez aussi de le mettre en contact avec différentes textures: à plat ventre sur le lit, le tapis, le plancher, etc..
  • Pensez à ramener votre bébé en petite boule, notamment lorsqu’il se trouve dans vos bras. Quand vous le transportez, ne le tenez pas toujours de la même façon, mais variez les postures.
  • Lorsque votre enfant est dans un porte-bébé, s’il tourne sa tête à droite, pensez à la lui faire tourner sur la gauche la fois suivante. Évitez que sa tête ne s’incline trop, en la tenant bien centrée avec votre main. Il est aussi possible de faire de la prévention en ostéopathie, et ce, dès les premiers jours après la naissance.
  • Prenez l’habitude d’observer la tête de votre enfant à partir du dessus pour détecter l’apparition d’une éventuelle asymétrie. Lorsque bébé conserve une bonne rotation du cou, un léger aplatissement de son crâne peut s’améliorer de façon considérable grâce au positionnement actif décrit plus haut.
Les traitements
Il existe différentes approches pour traiter la plagiocéphalie positionnelle et les asymétries qu’elle engendre.
Quand traiter?
Lorsque l’aplatissement du crâne du bébé s’accentue au lieu de se résorber et que vous constatez que, chaque fois qu’on veut lui faire tourner la tête du côté opposé à la partie aplatie, l’enfant la retourne rapidement de l’autre côté ou commence à pleurer, il convient de consulter rapidement le pédiatre. Celui-ci dirige habituellement ces cas vers un service de physiothérapie pédiatrique et parfois d’ostéopathie.
L’ostéopathie
L’ostéopathe étire et assouplit les structures les plus tendues, notamment celles du crâne. Il travaille à leur mobilité comme à leur bon alignement. «Les forces qui ont amené le crâne à se déformer ont été absorbées par l’ensemble du corps, précise Sylvie Lessard, physiothérapeute et ostéopathe. Il est donc important de s’assurer que le développement neuromoteur de l’enfant ne soit plus gêné par aucune compression ni tension». 
Enfants Québec, septembre 2008