lundi 30 septembre 2013

Plagiocéphalie, Prévention, Traitement par Ostéopathie et par Orthèse.


Association Plagiocéphalie Info et soutien/
Plagiocéphalie têtes plates et têtes bornées / février 2012©
De la prévention, au développement de la déformation 
et jusqu'au traitement par orthèse

La plagiocéphalie, qu’est-ce que c’est :
C’est une déformation crânienne apparaissant pendant la grossesse ou plus généralement durant les premières semaines de vie du nourrisson. Elle se manifeste par un aplatissement asymétrique sur l’arrière ou le côté du crâne. C’est également appelé plagiocéphalie positionnelle pour les distinguer des plagiocéphalies dites organiques, de types « craniosténoses » étant elles, liées à une soudure prématurée d’une des sutures du crâne (appelé synostose).

Quand envisager ce type de traitement :
- Votre enfant présente une déformation crânienne (non craniosténose) et cette déformation s’est installée tout doucement dans ses premières semaines de vie.
- Le repositionnement de l’enfant, le suivi ostéopathique n’a pas pu améliorer celle-ci après au moins 2 à 3 mois de suivi et de pratique.
- Il n’a pas de craniosténose (sutures fermées prématurément)
Dans ce cas, on peut envisager un traitement par orthèse.

Qu’est-ce qu’une orthèse crânienne:
Une orthèse crânienne est un équipement qui se présente sous la forme d’un casque, appelé aussi système de remoulage crânien. Il va permettre de « redresser » : c’est à dire diriger, réorienter et réharmoniser la croissance osseuse et la forme du crâne sur une durée plus ou moins longue. Cela dépend d’un certain nombre de critères.  (Suite cf : Que faire : L’orthèse crânienne)

Type de déformations les plus courantes :

La plagiocéphalie : ses grandes caractéristiques 
C’est une définition anatomique de la forme du crâne qui est en oblique à au moins un de ses quatre coins. Les formes vont varier selon les différentes conditions de formation des plagiocéphalies.

Les éléments visibles en général sont : avancée de l’oreille du côté atteint, apparition d’une bosse « de compensation », la tête prend une forme de parallélogramme.

Les mesures et les indices de déformation :
Voici un exemple de classification de la plagiocéphalie, utilisée quasi partout dans le monde. Des variantes légères peuvent néanmoins exister selon la grille choisie.
A savoir : Les mesures de la plagiocéphalie s’effectuent en calculant la différence entre les diagonales (de l’œil un à l’opposé le plus proéminent à l’arrière de la tête et de l’œil deux à l’opposé le moins proéminent soit le plus plat)

Entre 0 et 6 mm : Plagiocéphalie légère 
C’est surtout localisé à l’arrière du crâne et sur le côté, on peut commencer à noter un léger décalage des oreilles :
Entre 6 et 12 mm : Plagiocéphalie modérée
Décalage des oreilles, potentiel impact sur le front, la plagiocéphalie atteint tout l’arrière du crâne.

Au-delà de 12 mm : Plagiocéphalie sévère
Important décalage des oreilles supérieur à 3 mm, bosse sur le front, la plagiocéphalie atteint tout l’arrière du crâne, asymétrie faciale.

La brachycéphalie : ses grandes caractéristiques
Elle se caractérise par une forme de tête large et peu profonde.
On note un aplatissement de tout l’arrière du crâne, un front avancé, une boîte crânienne montant vers l’arrière, un ratio crânien (largeur profondeur) dépassant les 78% voire même les 100%
L’indice céphalique moyen pour un homme se situe à 77,9% et pour une femme à 78,4%.
A noter : Il est très fréquent qu’il y ait également un facteur génétique dans les cas de brachycéphalies. Il existe aussi un rapport important avec la position fœtale et cela sera majoré ensuite par la position exclusive sur le dos après la naissance. Enfin, l’hypotonie (tonicité musculaire) est un facteur également important et aggravant des brachycéphalies.

Les mesures et les indices de déformation :
Voici un exemple de classification de la brachycéphalie, utilisée quasi partout dans le monde. Des variantes légères peuvent néanmoins exister dans les ratios suivant la grille choisie.

78% : Crâne normal
Entre 83 et 88 % brachycéphalie légère (+1DS)
Début d’aplatissement de l’arrière du crâne, début de la perte de la courbure ronde du crâne, premiers signes d’aplatissement des occiputs
Entre 88 et 93% brachycéphalie modérée (+2DS)
L’arrière est de plus en plus plat, perte de la visibilité quasi-totale ou totale des occiputs, front en avant, début de crâne qui remonte vers l’arrière
Aplatissement de l’arrière du crâne, début d’une forme de crâne avec un avant moins large que l’arrière du crâne de type trapèze.
Supérieur à 93% brachycéphalie sévère (+3DS)
La tête est entièrement plate derrière, plus d’occiputs visible, front en avant, tête en « pic de sucre » complétement remontée, la crâne a pris la forme avec le devant du visage plus étroit que l’arrière très large (trapèze).
(DS =déviation standard / 1DS=5%)

Comment prévenir tout ceci :
Il est à noter qu’il est important de respecter les consignes de couchage sur le dos pour le sommeil afin d’éviter les risques de mort subite du nourrisson  recommandé au départ par l’American Pédiatrie et suivi ensuite par toutes les organisations mondiales de la santé.
Les bons gestes à adopter pour prévenir :
Repositionnement, portage, ostéopathie

- A savoir : Il existe des systèmes de couchage préventif pour le sommeil utilisable dès votre retour de maternité. En effet celui-ci peut être responsable d’une immobilité de la tête et devenir un des facteurs mécaniques les plus facilement identifiables dans les risques du développement de la déformation crânienne du nourrisson sur ces premières semaines de vie.
- Aller consulter un ostéopathe si possible pendant la grossesse et surtout  15 jours après la naissance de l’enfant, et très fortement conseillé dans son premier mois. La plagiocéphalie étant visible en à peine 8 semaines, il est bon d’écarter tout problème de mobilité très rapidement. Ensuite il est conseillé et possible de conserver un suivi régulier (à voir avec votre ostéopathe).
NB : Le Décret du 25 mars 2007 à consulter sur www.legifrance.gouv.fr
- Alterner la position de sommeil (tête pieds et inversement)
- Pour l’alimentation, alternez la position et donnez à manger des deux côtés (Bras gauche, bras droit)
- Favoriser le temps d’éveil sur le ventre (Toujours sous surveillance d’un parent, Les recommandations mondiales préconise au moin 30 minutes par jour. Pour les atteindre on procédera par paliers progressifs en fonction de l’âge du bébé, au départ par palier de 10 secondes puis on augmente progressivement) On pose le bébé sur une surface dure et sans objet pouvant gêner la respiration ou présenter un danger. Ce temps est utile et recommandé pour le développement moteur de votre bébé.
- Pratiquer le portage
- Eviter le contact prolongé de sa tête sur une surface dure ou qui projette ou maintient sa tête en avant dans l’axe, le bébé sera alors obligé de mettre sa tête sur le côté (transat, parc, siège bébé, siège auto, cocon).

Que faire en cas de plagiocéphalie qui s’installe ou déjà installée :

-          Suivi ostéopathique pour contrôler tout le corps du bébé
-          Suivi ostéopathique et /ou kinésithérapique pour un torticolis congénital
-          Usage des techniques de repositionnement de façon intense.
-          De manière générale, ne pas bloquer sa tête mais favoriser son mouvement.

A partir de quand il est bon de commencer à penser à une autre solution de traitement :
A partir des 4 mois (et après deux mois de techniques de repositionnement et de suivi ostéopathique avant cet âge-là). Après l’âge de 4 mois c’est différent car le temps commence à être compté il faut donc commencer le repositionnement, le suivi ostéopathique et entamer en même temps vos démarches pour la suite.

Que faire ensuite : L’orthèse crânienne

Il est donc envisageable d’équiper votre enfant d’une orthèse crânienne, appelé aussi système de remoulage crânien. Par contre il est important de savoir que plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte, dont le temps qui est le plus important.

Il existe deux types de bandes, parfois la terminologie est discutée aussi nous utiliserons deux termes : les bandes dites passives ou d’anciennes technologies et les bandes dites dynamiques ou de nouvelles technologies.

Elles n’offrent pas les mêmes possibilités de traitement ni les mêmes résultats.
Les grandes lignes à connaître sur les deux types de bandes.

Passive ou ancienne technologie
Age possible de traitement : il est possible de faire traiter un enfant avec cette orthèse entre 3 et 12 mois maximum (Une moitié des centres proposant ce type d’orthèses n’équipe plus les enfants après 9 mois d’âge.)
Meilleur âge de traitement : entre l’âge de 3 à 6 mois
Durée moyenne du traitement : Entre 8 à 12 mois
Quel type de déformation et quel degré maxi conseillé :
Très bien pour les plagiocéphalies ne dépassant pas le stade modéré (Après 6mois d’âge) 
Si sévère ok mais si le traitement commence très tôt exemple maxi  à 3 ou 4 mois
Pas assez efficace sur les brachycéphalies dépassant le stade léger.

Dynamique ou nouvelle technologie
Age possible de traitement : il est possible de faire traiter un enfant avec cette orthèse entre 3 et 18 mois voire 20 maximum.
Meilleur âge de traitement : entre l’âge de 4 à 7 mois
Durée moyenne du traitement : Entre 3 à 6 mois
Ok sur tous types de déformations, plagiocéphalie, brachycéphalie, légère, modérée, sévère et y compris sur les traitements tardifs, c’est elles qui obtiennent les meilleurs résultats.

Comment agit l’orthèse, quel est son principe :
Il y a des critères importants qui rentrent en ligne de compte :
Le temps, l’âge de l’enfant, l’ouverture des sutures crâniennes, la croissance crânienne, l’orthèse utilisée et le travail de l’orthésiste.
Le principe de l’orthèse est qu’après un moulage réalisé en fonction de la tête de chaque enfant, on obtient un positif qui permet d’obtenir la bande faite pour sa déformation. La bande va exercer de légers points de pressions qui permettront de diriger en douceur la  croissance et de ce fait, la zone à redresser et également, des espaces vides vont être laissés dans celle-ci afin de permettre au crâne de reprendre la forme voulue par une croissance favorisée dans cette zone.
En fonction de la technologie de la bande, l’efficacité sera différente du fait de son action.
Les bandes d’anciennes technologies dites passives :  vont avoir plutôt des points d’appuis appelés aussi points de contacts et la grande caractéristique de cette bande est qu’à l’aide de ces points de contacts cela va se servir de la croissance crânienne et de la place restant dans le casque pour obtenir le résultat attendu. C’est notamment pour cette raison que les traitements et résultats sont plus longs à obtenir, et que les rendez-vous de suivi  sont plus espacés.
Les bandes de nouvelles technologies dites dynamiques :  vont-elles, exercer des réels points  de pressions pas seulement de contact, qui vont appuyer pour rediriger la zone à redresser ou à rebomber. Tout cela sans aucunes douleurs pour l’enfant qui ne s’en aperçoit pas. Elles vont aussi se servir de la croissance du crâne qui est également un élément important. C’est cette différence de technologie qui permet de traiter plus rapidement, plus tard au niveau de l’âge de début de traitement, et d’obtenir des meilleurs résultats sur l’ensemble des déformations (y compris les brachycéphalies qui n’obtiennent pas des très bons résultats sur de la passive).

Les traitements par orthèses ne sont pas dangereux pour l’enfant qui continue tout à fait sa vie normalement. Il a été démontré scientifiquement que cela respecte la forme naturelle de la tête et que cela n’interfère en rien la croissance naturelle de la tête. Les résultats obtenus perdurent et aucuns effets secondaires ne sont signalés.

Pour la petite histoire : les traitements par orthèses crânienne ont vu le jour en 1981 avec le casque de Clarren (passif), ils ont été suivi de très près par Cranial Technologie en 1986 qui est maintenant le pionnier dans ce domaine et qui a sans cesse amélioré la technologie du traitement par orthèse pour avoir aujourd’hui la plus efficace des bandes (dynamiques) du marché.

Petits désagréments inoffensifs :

Même si aucuns effets secondaires ne sont signalés depuis l’existence de ce traitement, il est à noter qu’il y a quand même des tous petits désagréments liés au port de l’orthèse et à la phase d’adaptation.
-La transpiration excessive :
Surtout sur la première quinzaine de port. L’enfant régule sa température par la tête et ce nouveau corps étranger dessus va créer une réaction de transpiration importante sur les 15 premiers jours, le temps que le corps s’adapte à ce nouvel élément.
Passé cette phase dites d’adaptation, la transpiration est moins importante bien que toujours présente. Il suffit de sécher la tête de l’enfant lors des retraits ou quand celle-ci est trop importante et sécher l’orthèse avec un chiffon doux.
-L’odeur de l’orthèse :
Sur la durée du traitement, malgré les nettoyages de l’orthèse (avec les produits indiqués) et le nettoyage de la tête de votre enfant, une odeur finie quand même par s’installer sur l’équipement. Elle n’est gênante qu’au retrait de celle-ci, pas lors de vos déplacements dans la vie de tous les jours.
-Marques rouges et réaction de la peau :
Il peut y avoir une apparition de petites marques rouges, souvent, cela apparaît dans la première quinzaine. Elles ont deux origines :
- La transpiration et le frottement
- les marques liées aux points de pressions.

Pour les premières, appliquer une crème de type grasse comme la vaseline avant de mettre l’orthèse, ne couvrez pas trop votre enfant, on dit qu’une couche de moins qu’à l’habitude est conseillé avec une orthèse.

Pour les marques de pressions, cela peut être normal au départ ou dans les périodes où celle-ci doit être à nouveau ajustée. Par contre, au quotidien, lors des retraits de l’orthèse (1h le matin, 1h le soir) les marques rouges liées à la pression doivent disparaître au bout d’une heure. Sinon il convient d’attendre un peu avant de remettre l’orthèse.

Il est important de bien regarder la tête de votre enfant, de vérifier comment s’ajuste son orthèse pour son confort et comment évolue la place restante entre vos rendez-vous de suivi, car c’est vous qui serez l’œil du prothésiste.
A noter : ne pas porter l’orthèse lors de fièvre et lorsque l’enfant est malade.

Le FAQ plagiocéphalie et orthèse :

Où faire des orthèses crâniennes :
La liste des adresses de tous les centres de soins ici :

Les centres de soins :
Il existe malheureusement encore peu de structures pour faire soigner vos enfants. Les centres de soins sont de deux ordres : hôpitaux (avec traitement pris en charge ou payant) et les cliniques privées (payant)
Le personnel travaillant dans ces endroits est :
-          soit neurochirurgien avec kinésithérapeute ou Ergothérapeute au moulage et prothésiste ensuite qui réalise l’orthèse.
-          Soit des prothésistes orthésistes confirmés.
Parfois vous avez aussi des neurochirurgiens qui travaillent directement avec une équipe d’orthésistes et de prothésistes.

Situation en France :
Actuellement il existe trois structures de soins qui proposent toutes des orthèses d’anciennes technologies, dites passives dans le jargon international dont une à Toulouse. 

L’hôpital Purpan à Toulouse
Service du Docteur Boetto
Orthèse encore prise en charge totalement par l’hôpital (pour le moment)
Orthèse d’ancienne technologie : de type passive
Traitement jusqu’au 8 mois maxi de votre enfant en début de traitement
Délai d’attente 1er rdv : 3 à 4 mois en moyenne, à noter que parfois les parents arrivent à obtenir des rdv en urgence dans des situations urgentes.
Les grandes lignes : moulage en plâtre
Coordonnées sur le lien liste des adresses.

mardi 20 août 2013

L'impact des postures intra-utérines

par Caroline Cressens

Pendant la grossesse, le bébé n’est pas toujours en position fœtale. Cela peut d’ailleurs être constaté lors de l’échographie. On remarque aussi que lors des traitements des postures intra-utérines, l’enfant retourne spontanément à la position dans laquelle il a était coincé dans le ventre de sa mère. Les bébés se retrouvent donc parfois dans des positions dommageables pour leurs tissus qui peuvent être étirés, tordus ou écrasés.

Il existe 3 grandes familles de postures :
Les tassements : Par exemple, le bébé pas de cou, rigide, trop tonique, est souvent écrasé, tassé sur son axe central.

Les inclinaisons latérales ou latéroflexion: La plupart du temps, le corps incluant la tête penche à droite ou à gauche; le médecin parlera de torticolis congénital ou de restrictions cervicales, mais c’est tout le corps qui est en torticolis d’où l'importance de travailler la tête avec tout le reste du corps.

Les inclinaisons en arrière ou post flexion (à l’opposé de la position fœtale): Ces enfants pourront avoir un pli à la racine du nez, une veine bleue plus proéminente proche de l’œil (qui peut couler d’ailleurs), des taches rouges sur la base du crâne ou sur les paupières ou même une plagiocéphalie (tête plate).

Bien sûr, ces postures sont rarement pures, elles peuvent être combinées entre elles et mélangées.

De  plus, plus le bassin, le dos et la cage thoracique de la mère sont serrés et peu souples, plus le bébé peut être coincé dans le ventre de sa mère et avoir de la difficulté à sortir par le bassin lors de l’accouchement.

Toutes ces complications peuvent entrainer des problèmes d’ordre digestif (coliques, régurgitation, constipation), des problèmes de sommeil, des troubles de succion, et peuvent aussi avoir des impacts dans le développement de l’enfant ou sur la poussée dentaire.

Le but de l’ostéopathe étant toujours la libération des tissus pour optimiser la mobilité et la vitalité, le bébé qui a subi des torsions et des pressions dans le ventre de sa mère pourrait retirer du soulagement d’un traitement ostéopathique.

lundi 19 août 2013

OTITES et OSTEOPATHIE ?

Première étude du genre réalisée avec le milieu médical au Canada

L'ostéopathie pourrait prévenir les otites

Ergothérapeute et ostéopathe, Chantal Morin s'intéresse à de nouvelles avenues pour prévenir les otites.
Ergothérapeute et ostéopathe, Chantal Morin s'intéresse à de nouvelles avenues pour prévenir les otites.
Photo : Robert Dumont
9 mai 2011
L'ostéopathie pourrait s'avérer une avenue précieuse pour la prévention de l'otite et le dépistage de certains enfants à risque. C'est la conclusion à laquelle est parvenue Chantal Morin, de l'Université de Sherbrooke, dont la recherche est l'une des premières en ostéopathie au Canada à avoir été réalisée en collaboration avec une faculté de médecine. Chantal Morin est ergothérapeute à l'École de réadaptation et ostéopathe.

L'otite moyenne aiguë (OMA)

L'OMA est une des infections les plus fréquentes chez les enfants de moins de cinq ans. Douleur, fièvre, nuits blanches, absence des parents au travail : ceux qui ont de jeunes enfants savent combien les otites sont sources de préoccupations. Depuis les années 1970, l'incidence de l'OMA est en constante progression. Cette augmentation, d'ailleurs, est davantage marquée depuis 1995, en raison notamment de la fréquentation massive des garderies. Aux États-Unis, l'otite est responsable de 90 % des prescriptions d'antibiotiques destinées aux petits patients, sans compter les millions de dollars qu'elle coûte au système de santé et aux familles touchées.

Implication de l'os temporal

«Plusieurs facteurs de risque tels que l'âge, le genre masculin et, souvent, la fréquentation d'une garderie, ne peuvent être modifiés, explique la chargée de cours Chantal Morin. Par contre, on pourrait agir sur le dysfonctionnement de la trompe d'Eustache, qui est l'un des principaux aspects physiopathologiques en cause dans l'OMA», l'autre étant l'exposition aux virus ou aux bactéries.
La trompe d'Eustache est un petit conduit qui relie l'oreille moyenne au nasopharynx, une partie de la gorge située à l'arrière du nez. Elle draine les sécrétions et protège l'oreille moyenne des écoulements provenant du nasopharynx. La vulnérabilité de la trompe, d'un point de vue ostéopathique, tient du fait que sa partie osseuse est située dans l'os temporal. Les os du crâne, incluant l'os temporal, ne sont pas fusionnés en bas âge. Cette condition permet l'adaptation du crâne lors de la naissance et la croissance du cerveau; en contrepartie, l'os temporal est plus vulnérable aux perturbations diverses.
«Le moindre déplacement ou perturbation de la position de l'os temporal qui affecte la trompe peut nuire à l'évacuation des sécrétions et favoriser la survenue de l'OMA», précise la spécialiste de la Faculté de médecine et des sciences de la santé.

L'ostéopathie comme approche complémentaire pour prévenir les otites

Après avoir évalué 65 bambins âgés de 6 à 18 mois, Chantal Morin a constaté que 35 % d'entre eux présentaient une restriction importante de l'os temporal. Cette partie de leur crâne n'était pas du tout mobile, restreinte par les sutures de devant ou derrière, ou alors elle présentait une asymétrie visible à l'oeil.
Au suivi, ces bambins avaient, et de façon marquée, plus d'otites que les enfants sans restriction. Une restriction ostéopathique importante de l'os temporal constitue donc un facteur de risque mécanique directement relié à la position de la trompe d'Eustache. Parmi les quelques études réalisées jusqu'ici sur l'efficacité de l'ostéopathie dans la prévention de récidive d'OMA, aucune ne s'est intéressée à la relation entre la restriction du temporal et la survenue de l'OMA de façon prospective.
Au niveau clinique, cette recherche ouvre la voie au dépistage des enfants à risque d'OMA d'un point de vue mécanique, de façon non invasive. «L'ostéopathie a recours à des mobilisations douces pour améliorer le positionnement de l'os temporal, et donc améliorer le positionnement de la trompe d'Eustache et sa fonction d'évacuation des sécrétions», soutient Chantal Morin.
L'ostéopathie peut donc être une intervention complémentaire prometteuse dans la prévention des otites et, par le fait même, avoir un impact éventuel sur les consultations médicales, les consultations en ORL, l'utilisation d'antibiotiques et le nombre de chirurgies pour l'installation de tubes.
Plus encore, la documentation scientifique de la restriction importante de l'os temporal comme facteur de risque pourrait stimuler la recherche à plus grande échelle, en regard notamment du coût, de l'efficacité et de la sécurité de l'intervention en ostéopathie pour prévenir l'OMA chez le jeune enfant. La recherche de Chantal Morin démontre également que des collaborations entre les milieux médical et ostéopathique sont possibles pour faire avancer les connaissances et favoriser le bien-être des enfants.


Merci a l'Université de SHERBROOKE au Canada pour cet Article. 

mercredi 7 août 2013

Quelques conseils pour profiter de votre été ...

                     5 façons de profiter de la plage pour retrouver la forme


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Bien-être: 5 façons de profiter de la plage pour retrouver la forme
 © Daniel Ernst - Fotolia.com

1. Respirer à plein nez

  • Parce que toute l'année vous êtes débordée, stressée, préoccupée, vous en oubliez de bien respirer.Votre diaphragme, un des muscles respiratoires ne travaille pas suffisamment et vous vous retrouvez en apnée.
  • Au bord de la mer, profitez des bienfaits de l'air marin en prenant, toujours par le nez, de grandes inspirations et expirations. Cela va à la fois vous permettre de vous poser et de reprendre conscience de votre diaphragme.

2. Marcher pieds nus sur le sable mouillé

  • Vos pieds passent la plupart du temps enfermés dans des chaussures. Ils sont malmenés.
  • Marcher sur le sable mouillé va leur permettre de retrouver des sensations, de les masser en profondeur et de les détendre. N'oubliez pas de bien respirer.

3.Courir pieds nus sur le sable mouillé

  • Le footing pieds nus fera tout autant de bien à vos pieds qu'à votre système articulo-musculo-ligamentaire. Mais attention si vous n'avez pas l'habitude de pratiquer la course à pied, allez-y progressivement. Pas question de revenir avec une entorse ou avec une tendinite !
  • Alternez marche et course afin que vos pieds puissent se réadapter aux contraintes du sol et pour ne pas irriter trop brutalement vos articulations, vos ligaments et vos muscles.

4. Marcher ou courir dans l'eau
  • Les bienfaits de l'eau de mer sont nombreux : elle a un effet enveloppant qui délasse les articulations. Comme elle offre plus de flottabilité, les mouvements sont plus faciles. Elle relance la circulation sanguine, draine le système lymphatique. Vos jambes désenflent, se raffermissent et s'affinent. Un bon moyen d'avoir des jambes fuselées.
  • Vous pouvez aussi augmenter l'amplitude des mouvements en remontant bien les genoux. Cela va avoir un effet global sur le tonus de vos cuisses, de vos fessiers et de votre taille.
  • S'il n'est pas question de courir si vous êtes enceinte, ne vous privez pas de marcher dans l'eau fraîche, pour vous soulager si vous souffrez de rétention d'eau.

5. Soulager votre dos

  • Toute l'année votre dos est mis à mal : vous n'êtes pas forcément bien installée à votre poste de travail, vous portez des poids trop lourds ( enfants, courses...), profitez-en pour prendre soin de lui en vous étirant.
  • Assise en tailleur, avec votre serviette roulée sous les fesses, joignez vos plantes de pied et respirez profondément. Plusieurs grandes inspirations et expirations par le nez.C'est une très bonne position pour relâcher les tensions au niveau du bassin et des hanches.
  • Pour détendre le bas de votre dos, allongez-vous sur votre serviette et ramenez vos genoux collés l'un à l'autre sur votre poitrine. Répétez l'exercice entre 5 et 10 fois en l'associant à de profondes respirations.
  • Vos épaules ont tendance à se voûter vers l'avant en partie à cause du travail prolongé devant l'ordinateur. Pour casser les mauvaises habitudes, attrapez par derrière votre coude droit avec votre main gauche et votre coude gauche avec votre main droite. Vos épaules vont se replacer vers l'arrière et vous allez ouvrir votre cage thoracique et vous tenir plus droite. Répétez l'exercice entre 5 et 10 fois en l'associant à de profondes respirations.
  • Tous ces exercices sont faciles et ne doivent jamais vous faire mal. Inutile de forcer. Vous pouvez les pratiquer tout au long de l'année.
Frédérique Odasso
©Enfant.com

mardi 28 mai 2013

Merci à ce pédiatre pour l'élaboration de cet article sur la Plagiocéphalie

Plagiocéphalie: prévention et traitement

Si l’on regarde à l’infini le visage de son bébé, il est beaucoup plus rare que l’on prête une quelconque attention à l’arrière de son crâne, et pourtant…

L’inspection très minutieuse faite par les parents à la naissance leur a montré que sa tête, plus ou moins couverte de cheveux, était bien ronde. Comment imaginer qu’elle puisse ne pas le rester ?
L’enfant, pour dormir, est installé en position dorsale pour respecter les consignes de prévention de la mort subite; et les parents assistent, enchantés, aux transformations physiques de leur bébé.
Et puis…lors d’un examen pédiatrique, il est remarqué un aplatissement de l’arrière du crâne; soit de tout l’arrière-crâne, soit de la partie gauche ou droite de cet arrière-crâne.
Cela est dû à un appui trop permanent de ce crâne sur le plan de son lit.
Le crâne du bébé n’est pas, en effet, une masse dure indéformable. Il est constitué de plaques osseuses séparées par des ponts, des sutures et fontanelles qui rendent l’ensemble malléable. De même qu’un abricot mûr que l’on laisserait trop longtemps sur une assiette finit par s’aplatir, de même le crâne du bébé trop longtemps plaçé en appui postérieur finit lui aussi par s’aplatir. Soit aplatissement de toute la partie postérieure du crâne = Brachycéphalie; soit aplatissement sur un côté choisi par l’enfant pour dormir = Plagiocéphalie.

Brachycéphalie :L’arrière du crâne est uniformément aplati.

Plagiocéphalie :L’arrière du crâne est aplati sur un côté

20% des nourrissons « occidentaux » sont atteints d’une déformations de l’arrière-crâne.

Entre 1995 et 2010 le pourcentage de ces déformations est passé de 5 à 20% ( source: Revue pediatrics 2013)
Ces déformations sont-elles anodines et transitoires ? NON
Pourquoi?
Il est prouvé qu’à partir d’un certain degré de déformation, celle-ci restera définitive et entraînera donc une situation inesthétique permanente chez le grand enfant et plus tard l’adulte.

Garçon de 3 ans 1/2: plagiocéphalie droite persistante.


Par ailleurs certaines études viennent semer le trouble quant à de possibles conséquences  cérébrales: un retard du coeficient de développement et des performances cognitives a été noté chez des enfants de 36 mois ayant présenté une déformation crânienne postérieure positionnelle, en comparaison avec un groupe témoin indemne de toute déformation. (Académie Américaine de Pédiatrie)
Ce qui n’est pas pour surprendre vraiment quand on sait que le cerveau est plaqué contre la paroi osseuse et qu’il va donc subir lui aussi une déformation et une compression.

La prévention.

A la maternité: dépistage d’un torticolis congénital:
Parfois l’enfant est un peu « coinçé » dans l’utérus maternel et son corps subit des contraintes. Les contraintes peuvent s’exercer sur les pieds, avec retentissement possible sur les hanches recherché systématiquement; elles peuvent s’exercer sur le crâne qui se retrouve désaxé par rapport au cou. L’enfant naît alors avec une tête penchée d’un côté.
L’examen de la tête des nouveaux-nés se devrait d’être systématique; les déformations étant plus fréquentes pour un premier né, un garçon, un gros poids de naissance, un jumeau de plus faible poids.
Les manoeuvres ostéopathiques pour assouplir les muscles du cou doivent être mises en place rapidement pour redonner un équilibre vertébro-musculaire correct. Sinon l’enfant ira forcément choisir de dormir du côté qui le contraint le moins, et développera une plagiocéphalie.
De retour à domicile : Il faut impérativement alterner le côté d’appui du crâne sur le plan du lit.
Bébé dormira ainsi alternativement la tête tournée à gauche, puis à droite. Alternativement, un jour sur deux, ou une tétée ou un biberon sur deux selon votre choix. Et attention à la position du bébé dans son lit quand il est encore dans la chambre des parents. C’est sympathique et rassurant pour la mère allongée de voir la figure de son bébé, mais si cela implique qu’il dorme toujours du même côté, il y a risque de déformation. Changez la position du berceau, ou changez la position du bébé dans son lit ou..changez vous même de place.
Jour après jour, à la maison:
- Continuer d’alterner la position de la tête
- Alterner la direction des stimulis: mobile, lumière;
- Si l’enfant est nourri au biberon, alternez la position de vos bras qui soutiennent l’enfant,
- Ne le laissez pas s’endormir ou séjourner trop longtemps dans un baby-relax ou une cocque rigide,
- Alternez la position de la tête de l’enfant quand il est porté dans un porte bébé.
- Placez le sur le ventre plusieurs fois par jour, quand il est éveillé, afin de « muscler »son cou.
- Attention aux matelas qui « cocoonnent »; la tête du bébé s’enfonce si bien dans ce « chamalow » qu’elle a du mal à glisser de droite à gauche. Et comme l’enfant choisi souvent un côté, celui-ci s’enfoncera et se fixera volontiers dans ce nid douillet.

Le traitement d’une déformation constituée.

Une seule règle: ne plus permettre l’appui sur la zone aplatie.
Il faut donc placer l’enfant en position latéralisée pendant son sommeil:
- En alternant régulièrement les côtés droits et gauche si l’aplatissement postérieur de la tête est uniforme;
- En ne le positionnant la tête que du côté opposé à la déformation, si l’aplatissement est unilatéral.
Comment réaliser cette position latéralisée ? Avec un coussin de latéralisation.


Positionneur latéral


Ce coussin, adapté à la croissance du bébé, ne sera, au départ qu’installé pendant la journée, sous surveillance des parents. On vérifiera que le sommeil de l’enfant est correct, que le coussin est bien supporté et que la position de l’enfant reste stable. Rapidement ce coussin sera proposé jour et nuit.

L’ostéopathie est-elle utile pour corriger une déformation constituée ? Oui si elle accompagne le traitement positionnel. Non si elle reste un traitement unique et isolé, et ce, quelque soit le nombre de séances…
Le casque est la seule solution de rattrapage d’une déformation sévère. Porté pendant plusieurs mois, le casque passe en « pont » au dessus de la déformation, permettant progressivement l’expansion de la zone aplatie vers sa courbure physiologique. Mais il s’agit d’un traitement « lourd » (et cher).


Casque de remodelage crânien

 Pourquoi cette fréquence élevée de plagiocéphalies  positionnelles postérieures?

Parce que la règle est de faire dormir son enfant sur le dos pour éviter la mort subite du nourrisson (MSN); et parce que ces aplatissements du crâne sont à peu près ignorés ou minimisés par les médecins.
La règle du dormir sur le dos a été élevée au rang de commandement biblique, sans que les conseils de bon sens n’y aient été clairement associés. En l’occurrence les simples règles de positionnement alterné sur le côté de la tête des bébés n’ont pas, et ne sont toujours pas énoncées. Et les objets de puériculture tels les cale-bébés dorsaux ou autres matelas cocoonant ont ainsi envahi le marché du « bien dormir »et généré de nombreuses têtes plates. La grande peur étant celle du retournement sur le ventre des enfants, on a oublié de rassurer les parents en leur expliquant qu’un bébé ne pouvait pas se retourner seul du dos sur le ventre avant 4 mois. Aucune prévention anti-tête plate n’est organisée officiellement.
Quant aux professionnels de santé, ils ignorent souvent le problème, ne cherchent pas à le dépister, ou adressent l’enfant à l’ostéopathe qui ne pourra jamais seul « redresser » un crâne.
La lecture du site plagiocephalie-moncombat.blogspot.fr est édifiante. Vous y découvrirez le combat d’une mère qui s’est heurtée aux « têtes bornées » pour faire soigner son enfant.
L’association plagiocéphalie info et soutien  a recueilli d’immenses données concernant la plagiocéphalie.
Si vous vous sentez concernés, signez leur pétition de reconnaissance et de meilleure prise en charge de ce handicap.
Bref ! Si les parents s’attacheront, c’est sûr, à ce que leurs enfants aient la tête bien pleine ; il reste néanmoins à tout faire pour qu’il aient aussi la tête bien faite !
Rédaction: Dr Thierry Marck